En marge de l’actualité du mercredi 10 mars 2010
L’exemple grec
Les pays européens sont attentifs à ce qui se passe en Grèce. Les difficultés économiques de ce petit pays ont provoqué une baisse de l’euro par rapport au dollar et donc, le succès ou l’échec de la politique engagée par le Premier ministre Papandréou aura des conséquences pour tous les Européens.
Mais il y a une autre raison qui motive l’intérêt qui se porte sur la politique du Premier Ministre grec : il a entrepris ce qu’aucun pays européen n’a encore eu le courage de faire sérieusement : réduire les dépenses publiques pour les proportionner aux recettes et à terme atteindre l’équilibre. Voilà des années que le déficit public des pays européens se maintient, creusant de plus en plus la dette publique qui, en France, approche des 100% du P.N.B.
Or ça se passe mal en Grèce : grèves, manifestations qui tournent à la violence. On s’était habitué à l’insouciance et les hommes d’aujourd’hui ne veulent pas payer les errements du passé. Pourtant qu’on le veuille ou non, il faudra bien s’y résoudre.
Cela nous fait penser à notre Polynésie. Nous avons pris depuis longtemps l’habitude de vivre au-dessus de nos moyens. Le jour approche où il faudra changer nos habitudes. Cela passe par une réduction de nos ambitions : vouloir s’aligner dans tous les domaines sur la Métropole est tout simplement impossible. Il faudra petit à petit proportionner les dépenses aux revenus. Comme en Grèce, il y aura des résistances aussi bien lorsqu’on parlera d’augmenter les revenus du Territoire que lorsque l’on cherchera à diminuer les dépenses. Mais, à moins de choisir le chaos, nous ne pourrons pas échapper à ce qui est inéluctable.
H.C.
