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« LA PAROLE DE DIEU NE PEUT PAS ETRE CONSERVEE SANS LA NAPHTALINE »

La naphtaline est le composant principal de ces petites boules blanches que nous mettons dans nos placards à linges pour repousser les mites. C’est cette image surprenante que le pape François a utilisée récemment en l’appliquant à la Parole de Dieu. La Parole « ne peut pas être conservée dans la naphtaline comme s’il s’agissait d’une vieille couverture dont il faudrait éloigner les parasites ! »

Que veut dire le pape ? De quel genre serait cette « naphtaline » par laquelle certains oseraient enfermer la Parole de Dieu ? Le pape François précise sa pensée : « la Parole de Dieu est une réalité dynamique, toujours vivante, qui progresse et qui croît vers un accomplissement que les hommes ne peuvent entraver ».

L’évangile de ce dimanche peut nous éclairer. Notons qu’à l’époque du Nouveau Testament, la naphtaline n’était pas connue. Toutefois, il existait bien des hommes religieux imaginant pouvoir enchaîner la Parole de Dieu. L’évangile cite des pharisiens qui ont l’intention de « prendre au piège Jésus en le faisant parler ». Tel est donc le plan : prendre Jésus en défaut et le faire enfermer par les autorités.

Le plan a bien réussi, Jésus fera effectivement l’objet d’une arrestation. La naphtaline dégage une odeur de vieux, sinon de mort. Elle correspond à ces puissances mauvaises qui veulent étouffer à tout prix la Parole, tuer la graine avant qu’elle ne germe. Mais, au final, l’échec des adversaires de Jésus a été d’autant plus cuisant, signe que nul ne peut entraver la force de l’Esprit !

Ces jours-ci, le pape François a posé des actes qui marquent son engagement, et celui de l’Eglise, à défendre la vie humaine contre les puissances de mort qui affectent notre monde. Le 11 octobre, il condamne fermement la peine de mort, contraire à l’inviolabilité et à la dignité de la personne. Lundi dernier, il appelle les responsables internationaux à s’attaquer aux causes de la faim : les conflits et les changements climatiques.

La veille, dimanche 15 octobre, il prononce la canonisation de 35 nouveaux saints, dont 30 martyrs du Brésil, pour lesquels il a ces mots : « Leur habit quotidien a été l’amour de Jésus, cet amour fou qui nous a aimés jusqu’au bout, qui a laissé son pardon et son vêtement à ceux qui le crucifiaient ».

En somme, il est temps de se débarrasser de nos naphtalines. Le vêtement du Christ n’en a nul besoin. 

+ Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU