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« AVENT, TEMPS DE L’ATTENTE  »

« Venez, divin Messie… » Le temps de l’Avent qui commence l’année liturgique nous invite à un prodigieux regard sur l’Humanité et sur l’histoire du salut. Nous voici sur un sommet d’où nous pouvons contempler le passé, le présent et le futur :
-La contemplation du passé où s’enracine et prend naissance l’histoire d’une promesse de salut faite à nos Pères dans la Foi, Abraham, Moïse, David.
-Le regard vers le futur où ce salut parviendra à son achèvement lors du retour en gloire de notre Seigneur Jésus Christ à la fin des temps.
-La description du présent, de notre attente, de notre fidélité dans la Foi, de notre conversion pour nous préparer à ce retour du Christ.
C’est donc le moment de nous redire : « le Seigneur vient ! » … Non pas parce que nous le méritons. Non parce que tout à coup, notre comportement serait devenu positif, justifiant ainsi ce salut, mais parce que le Seigneur est déjà venu parmi les Hommes, parce qu’il l’a promis et parce que la détresse présente de l’Homme ne peut laisser Dieu indifférent.
L’Avent est donc le moment de nous redire « le Seigneur vient », et de nous mettre en attente. Non une attente passive, les bras croisés, une attente subie, mais une attente dynamique, qui fait agir, comme Marie qui se met en route vers la demeure de sa cousine Elizabeth, une attente qui mobilise le cœur et toutes les énergies vers ce qu’on attend. Le temps de l’Avent nous situe donc au moment où l’on peut proclamer : « Il est venu, il vient, il reviendra ! »
Le 1er dimanche nous rappelle que si nous attendons le retour du Seigneur, cette attitude n’est en rien de la passivité, ni une attitude de démission par rapport au monde. Il s’agit pour nous d’aller avec courage sur les chemins de la justice à sa rencontre. « Veillez ! ».   Le 2ème dimanche laisse éclater à nos oreilles cette étonnante nouvelle du prophète Isaïe : « Voici votre Dieu, voici le Seigneur Dieu. Il vient ! », nouvelle reprise par Jean Baptiste : « Voici venir derrière moi celui qui est plus grand que moi ». Nous prenons conscience que le Seigneur est proche. C’est l’espérance de la joie de Noël qui éclate et qui en fait doit nous accompagner tout au long de notre vie. Ainsi nous est dit que la préparation à la venue du Christ n’est pas réservée au temps de l’Avent mais qu’elle doit guider chaque jour de notre vie.
Le 3ème dimanche nous invite à nous ouvrir à l’inattendu de Dieu. Oui, il vient, mais comme « celui que nous ne connaissons pas » selon les paroles de Jean Baptiste. Notre regard sur Jésus doit lui aussi être converti. Le risque que dénonce Jean est toujours actuel : chercher celui qui vient là où il n’est pas. Notre connaissance du Christ demande à être sans cesse approfondie, éclairée, guidée. Entre l’idée que nous nous faisons du Christ et ce qu’il est en vérité, il y a toute la place pour une conversion en profondeur.
Le 4ème dimanche voit se détacher la figure de Marie. Elle incarne l’attente des siècles. Elle incarne les humbles et les pauvres qui, avec confiance, attendent de Dieu leur salut. Elle est celle par qui la promesse s’est réalisée, la Vierge qui devait enfanter, la fille de Sion qui se réjouit, l’humble servante du Seigneur. En Marie et avec elle, l’Eglise proclame sa foi en l’incarnation du Fils de Dieu. Et cette incarnation ne peut être séparée de la rédemption, car si Jésus vient, c’est bien pour nous sauver, comme Dieu l’a promis, et nous donner accès à la Vie.
Alors, frères et sœurs, préparons-nous en tenant nos cœurs éveillés, car le Seigneur vient !l.

+ Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU