Monsieur John Taaroanui DOOM, l’homme au chapeau, sera inhumé mardi 27 décembre 2016 vers 15h00 au cimetière communal de Papeari au côté de son épouse. Il est décédé à 80ans des suite d’une longue maladie.

QUI EST CET HOMME AU CHAPEAU ?

Ancien secrétaire général de l’Eglise protestante maòhi de 1971 à 1988, il était le coordinateur national de l’association des anciens travailleurs des sites nucléaires de Mururoa (Moruroa e Tatou). En 1989, il est devenu secrétaire exécutif du COE pour le Pacifique, poste qu’il a occupé jusqu’en 2000. Il a été membre de la commission des Eglises pour les affaires internationales de 1983 à 1989 et du comité central de 1976 à 1983. M. Doom a été directeur de l’Ecole théologique Hermon à Tahiti de 1972 à 1977. Il a été membre du comité exécutif de la conférence des Eglises du Pacifique de 1966 à 1989. Il est devenu diacre de son Eglise en 1962.

A trente ans, jeune journaliste à l’ORTF, John Doom a assisté au premier essai du 2 juillet 1966 depuis Mangareva où il servait d’interprète au général Billotte, ministre de la France d’Outre-mer. L’événement marqua la vie entière de cet homme d’Eglise. Il a été l’un des membres fondateurs de l’association Moruroa e tatou.

John Doom a été l’un des membres fondateurs de l’académie tahitienne : Te Fare Vana’a. En 2012, il a succédé à Maco Tevane à la tête de l’institution.

John Doom a aussi été l’un des premiers des membres de l’académie tahitienne : Te Fare Vana’a. En 2012, il a succédé à Maco Tevane à la tête de l’institution.

John Doom, né en 1936, a vécu son enfance à Tubuai, une île de l’archipel des Australes, loin des tumultes de la Deuxième Guerre mondiale. Une grande partie de sa vie a été marquée par les questions nucléaires. Jeune homme, il a vécu dans son pays l’irruption du monde militaire et colonial dès la fin des années 1950 lorsque le leader politique local Pouvanaa a Oopa fut éliminé par le pouvoir colonial pour laisser place nette à l’installation des essais nucléaires.

Dès 1964, alors jeune diacre de l’Église protestante, il s’active pour dénoncer l’exil en France de son pasteur, coupable d’avoir osé réclamer une enquête publique préalable à l’installation du centre d’essais nucléaires à Moruroa. Deux ans plus tard, le 2 juillet 1966, au moment de la première bombe française à Moruroa, il se trouve sur l’île de Mangareva comme interprète du ministre de la France d’outre-mer, Pierre Billotte, venu assister (de loin) à l’événement. Ce jour-là, les retombées radioactives sur Mangareva sont telles que la délégation officielle doit s’enfuir précipitamment, laissant une population locale dans la plus totale ignorance.

En 1971, John Doom devient le Secrétaire général de l’Église protestante de Polynésie nouvellement indépendante des Missions protestantes de Paris. Cette responsabilité le met en contact avec ses homologues et les Églises chrétiennes du Pacifique eux-aussi préoccupés par les conséquences des expériences nucléaires américaines aux Iles Marshall et anglaises en Australie et à Christmas Island. Il faudra une dizaine d’années de formation et d’information pour que le synode de l’Église protestante polynésienne prenne position contre les essais nucléaires de la France.

Tout le peuple catholique de la Polynésie avec son archevêque Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU, notre aumônier Mgr Hubert qui a été son confrère au Fare Vanaa et toute l’équipe de la Radio Maria No Te Hau, nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille et à l’église Protestante Maohi.