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Saint-Etienne-du-Rouvray : qui était le père Jacques Hamel ?

Puissions-nous en ces moments entendre l’invitation de Dieu à prendre soin de ce monde, à en faire, là où nous vivons, un monde plus chaleureux, plus humain, plus fraternel ». Ce sont les mots écrits par le père Jacques Hamel dans la lettre paroissiale de juin 2016.

Qui était ce prêtre auxiliaire de la paroisse Saint-Etienne, dans la commune de Saint-Etienne-de-Rouvray, qui a été tué dans son église le mardi 26 juillet ?

Il était né en 1930, à Darnétal, près de Rouen. Ordonné prêtre en 1958, il avait fêté son jubilé d’or pour les cinquante ans de son sacerdoce en 2008. A Saint-Etienne-du-Rouvray, il officiait comme prêtre auxiliaire, en remplacement du curé titulaire, l’abbé Auguste Moanda Phati, parti en vacances dans son pays natal, le Congo.

Dans cette ville ouvrière de 28.000 habitants, tous l’avaient approché le temps d’une cérémonie : un mariage, un baptême ou des obsèques. Le père Hamel était connu pour sa bonté. Séverine, qui habite dans la commune depuis 11 ans, raconte :

« Il était très sympathique. Il nous a mariés, avec mon époux, il y a un an. »

« Gentil », « à l’écoute »… Ce sont les qualités qui reviennent le plus dans la bouche des habitants lorsqu’ils évoquent le prêtre. « Il était d’une gentillesse réconfortante, à l’écoute des gens, on pouvait lui parler », insiste Brigitte, une retraitée qui a assisté à plusieurs obsèques célébrés par Jacques Hamel.

Un homme de paix

«Nous sommes dans le même doyenné. On se rencontrait souvent, presque chaque semaine pour déjeuner. C’est quelqu’un de très effacé, d’une grande discrétion et d’une grande attention. Quand il arrivait dans la pièce pour nos rencontres entre paroisses du sud de Rouen, c’était toujours un rayon de soleil dans nos rencontres», rapporte l’abbé Aimé-Rémi Mputu Amba, curé doyen de Sotteville-lès-Rouen.

Je travaillerai jusqu’à mon dernier souffle »

Au sein du diocèse, le père Hamel était aussi unanimement apprécié. « C’était un homme passionné par ce qu’il faisait. Il étonnait tout le monde par son dynamisme », a confié à l’AFP, le vicaire général du diocèse Philippe Maheut. « Malgré son âge avancé, il était toujours aussi investi dans la vie de la paroisse. On lui disait souvent, en rigolant ‘Jacques, tu en fais un peu trop, il serait temps de prendre ta retraite’. Ce à quoi il répondait, en riant, ‘tu as déjà vu un curé à la retraite ? Je travaillerai jusqu’à mon dernier souffle' », l’abbé Aimé-Rémi Mputu Amba, curé doyen de Sotteville-lès-Rouen.

« Pour lui, partir au moment où il célébrait la messe, c’est une forme de consécration, malgré les circonstances dramatiques. » 

Depuis 18 mois, le Père Hamel faisait partie, avec l’imam de la mosquée de la Saint-Etienne-du-Rouvray, Mohammed Karabila, d’un comité interconfessionnel. « Nous discutions de religion et de savoir vivre ensemble », a expliqué le président du Conseil du culte musulman de Haute-Normandie à l’AFP. Il décrit son « ami » comme « quelqu’un qui a donné sa vie aux autres »

Dans un documentaire de l’INA, datant du 25 décembre 2009, le père Hamel apparaît, sourire aux lèvres, en train de célébrer la messe de Noël. Il évoque « un moment de partage » avec des fidèles, avant de délivrer  un message chrétien : « Jésus est proche de tous ceux en manque de raison de vivre ». En fin de semaine, il devait rejoindre sa famille, près de Lille. Sa sœur, deux nièces étaient arrivées à Saint-Etienne-du-Rouvray pour l’y conduire.